Découverte des oiseaux de la Réserve naturelle nationale du domaine de Beauguillot (Sainte-Marie-du-Mont, 50) 16-11-2013

 Samedi 16 novembre 2013

Découverte des oiseaux de la Réserve naturelle nationale

du domaine de Beauguillot (Sainte-Marie-du-Mont, 50)

Property of the Conservatoire du Littoral, the Beauguillot National Natural reserve, created in 1980, extends to nearly 500 hectares. It is composed with a maritime part and a terrestrial part composed by wet hay meadows, pastures,
ponds and ditches where are a great part of the natural richness of the site is harboured.

The natural reserve harbor animals, plants, natural habitats, of particular value (protected and endangered species, ecological or biogeographical interest). The main aim of the management plan is to protect waterbirds on this important stop-over site or during their wintering, to protect the common seals colony and to maintain the natural habitats. (1)
 
Revoilà une bonne équipe de Curieux de Nature, dans un petit samedi matin très légèrement frais et brumeux mais promettant ciel bleu et soleil exceptionnellement, en cette période automnale pluvieuse et venteuse. A l’appel, sont bien présents : Michel, Françoise, Lili, Mickaël, Muriel, Céline, Jacques, Rémy, Marine, Agnès, Isabelle, Hugues et Dominique (D) soient 13 « Furieux de Pâture » (Copyright Rémy) bien couverts, avec un peu de bon matériel d’optique.
Et c’est parti pour découvrir la faune avicole de la « Réserve » en empruntant les abris genre gabions-observatoires (faits en traverses de chemin de fer) prévus à cet effet.
(1)Le blog « Gogol » des Curieux de Nature voyant tant de visiteurs sur son compteur, se doit de traduire d’importants passages de ses comptes-rendus en anglais pour satisfaire ses plus fervents admirateurs internationaux.
1ère planque et sa vue extérieure ci-dessous :
L’intérêt de la Réserve Naturelle pour les oiseaux :
La Mer de la Manche forme un verrou barré par la presqu’ile du Cotentin, sur une importante voie migratoire qui relie la Mer du Nord à la façade atlantique. Les oiseaux qui empruntent cette voie, survolent ou contourne obligatoirement la Baie des Veys et les Marais du Cotentin et du Bessin. Les oiseaux en migration ont besoin de zone de repos où ils peuvent faire escale pour des séjours plus ou moins longs. Cette tranquillité est assurée entre autre par la Réserve Naturelle. La Baie des Veys, la Réserve Naturelle et les Marais du Cotentin et du Bessin représentent près de 2 000 hectares de vasières et 25 000 hectares de prairies humides où les oiseaux migrateurs peuvent s’alimenter lors des escales ou pendant l’hivernage. La Baie
des Veys et la Réserve Naturelle de Beauguillot en situation littorale, bénéficient de températures hivernales plus clémentes. C’est également un refuge climatique pour les oiseaux chassés de contrées plus nordiques lors des vagues de froid.
2ème planque aussi fraiche que la 1ère et son panorama :
Avec un matériel sophistiqué vous auriez pu voir ou entendre :
Oie cendrée, vanneau huppé, busard des roseaux, aigrette garzette, rouge-gorge, sarcelle d’hiver, gallinule poule d’eau, canard col vert, foulque macroule, héron cendré, courlis cendré, canard souchet, grèbe castagneux, alouette des champs, canard pilet, galinette cendrée, râle d’eau, canard siffleur, grand cormoran, corneille noire, barge à queue noire, buse variable, bouscarle de cetti, huîtrier pie, accenteur mouchet, bruant des roseaux, faucon pèlerin, bernache nonnette, bécasseau variable, pouillot véloce, pipit farlouse, martin pêcheur, rouge-gorge familier, pie bavarde, mouette rieuse, goéland argenté soient 36 espèces de « piafs ». (1)
(1)    Trouver l’intrus (C’est facile !)
Gallinule
poule d’eau Photo Françoise
Notes diverses de notre animateur Mickaël compétent :
Les sarcelles d’hiver sont particulièrement nombreuses en ce début de saison (Décompte récent : Environ 2500 sarcelles). Au cours de l’année, le mâle, en muant, change de couleur pour adopter un plumage dit « d’éclipse ». Il ressemble alors à la femelle (Y’a d’quoi s’tromper, selon Mike à elle !). Parmi les nombreuses plumes qui composent les ailes des canards (les rémiges, les scapulaires, les tectrices…), une zone particulière est appelée le miroir. Cette barre iridescente (tous au dico!) bien visible en vol permet d’identifier le canard à coup sûr. Un excellent repère pour les congénères lors des migrations…
La plupart des canards se reposent le jour sur des sites comme la réserve naturelle (les remises diurnes) et se nourrissent la nuit en gagnant les zones d’alimentation. Le trajet entre les deux se nomme la passée. (D’où la chasse à la passée, Hou, les vilains chasseurs!) Le comptage des oiseaux a lieu tous les 10 jours, avec une longue-vue, et par paquets de 10 pour gagner du temps. Il s’agit de terminer les comptes avant qu’un busard ne fasse tout envoler !
Les bernaches nonnettes ont élu domicile assez récemment dans la Réserve. Elles s’y plaisent bien et on en compte maintenant environ 500 par an.
L’association : En chemin, elle rencontre, Lahirette, lahirette, en chemin elle rencontre un’ belle chenille sur un jonc : La chenille de la buveuse, Lahirette, lahirette, la chenille de la buveuse, Euth(e)rix potatoria (Chantez, SVP)
Au bout du chemin, une digue, avec vue sur l’estran et les limicoles qui profitent de la marée descendante pour s’alimenter. Etant donné l’heure, les joyeux participants se tâtent pour, soit rentrer casser la croûte, soit aller voir de plus près les
fameuses bernaches nonnettes à partir d’un petit sentier côtier. Devinez quel sera leur choix ?
Et bien non, les mauvaises langues ont perdu, pour démentir leur mauvaise réputation de gourmandise, les Furieux de Pâture ©choisissent, fait remarquable, la 2ème solution !

Et ce fut le choix du roi, parce que notre belle association a bien vu les bernaches et en prime un très beau martin pêcheur, plutôt, une « martine » pêcheuse selon Rémy, spécialiste ornithologue distingué.

Avant de déjeuner, 2 autres rencontres de bébêtes : Une petite coccinelle dans les ajoncs et de nombreuses libellules (sympetrum SP) se chauffant au soleil sur les poteaux de clôture.
Estomacs vides et ventres creux, c’est dans une salle les locaux de la Réserve Naturelle que se passe agréablement le miam-miam. La température un peu fraîche du début des libations fera rapidement place à une joyeuse et chaude ambiance de
camaraderie, avec l’aide d’un peu de cidre bouché et d’un coup de vin blanc moelleux. Quelques histoires drôles égaient encore plus ce bon moment de détente.
Pas trop le temps de rigoler, au turf, et c’est Mickaël et Lili qui nous montrent, par une belle carte en relief, le programme de l’après midi : Pour avoir une de chance de voir des phoques, le mieux serait d’aller à la Pointe de Brévands. Chose dite,
chose faite, tout le monde en voiture et en avant pour la Pointe.
Là, une petite dernière espèce (Avicole n’est-ce pas ?) est identifiée par les spécialistes : la bernache cravant. Mais rogntudju,  où qui sont les p’tits fofocs ? Crévindiou, on va aller voir de plus près !
Et maintenant voici, pom-pom-pom :
Les aventures héroïques des Curieux à travers les sables mouvants

Le départ : rien à dire sinon admirer la belle spartine (de Townsend) qui donne une petite touche de verdure sur le tableau. Et puis ça va se corser, attention :


 

On n’est pas dans la mielle ! Les images parlent d’elles-mêmes ! Ca slurpe, ça colle, ça splatch, c’est la caca, c’est la caca, c’est la catastrophe !
C’est donc un exploit si tous les membres des Curieux parviennent  sains et saufs au but, c.à.d. assez proche d’un groupe de veaux marins pour pouvoir les lorgner nettement à la longue-vue.
Fallait nous le dire, Mickaël, on aurait pris des échasses, ou des skis…
M’enfin, merci quand même, parce qu’on a bien admiré les grosses bêtes (environ 20 individus), ce qui n’est pas donné à tout le monde.
Phoques-veaux-marins en
position « banane » Photo Wikipédia
Note de notre sympathique animateur :
Les phoques-veaux-marins se reposent sur les bancs de sable à marée descendante, au soleil, pour se réchauffer. Ils utilisent ces reposoirs pour d’autres raisons comme mettre bas, allaiter les jeunes et assurer une mue, c.à.d. changer de pelage, de bonne qualité. Quand la mer monte, ils plongent pour se nourrir de poissons, crustacés et de céphalopodes. Leurs poissons préférés sont les mulets ou les poissons plats comme la plie. Ils peuvent pour ce faire parcourir de grandes distances comme aller jusqu’à Saint-Vaast ou à Tatihou et même plus loin. On compte dans la baie des Veys une vingtaine de naissances par an. Les adultes pèsent entre 60 et 120 kg pour 1.20 à 1.80 mètre. Il leur faut 3 à 6 ans pour atteindre la maturité sexuelle. La période de reproduction à lieu entre la mi-juin et le mois de septembre et apparemment tout le monde s’entend très bien à ce moment là. L’accouplement a lieu sous l’eau. La gestation dure 7 mois environ.
Au retour, rebelote, partie de glissades assurée, avec en prime bain de boue thérapeutique gratuit.
Pour preuve, certains de nos prédécesseurs y ont laissé des plumes (peut-être des ornithologues). La rumeur dit qu’il y aurait
même des disparus (De Saint-Agil bien sûr). On soupçonne aussi fortement les chasseurs…

Enfin tout est bien qui finit bien, personne ne manque à l’appel et comme d’habitude, une petite boisson chaude et quelques gâteries réchauffent nos pieds, nos mains et nos cœurs.

 
 
 


 

 

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