La laisse de mer 02/04/2016

La Laisse de mer
Samedi 02 Avril 2016

Sortie naturaliste organisée par Gabrielle et animée par Annick Noël sur la laisse de mer samedi 2 avril 2016.
Sortie en partenariat avec l’Office de Tourisme de Ver-sur-Mer.

Lorsque la mer descend, elle découvre roches et galets et laisse sur la plage des algues arrachées aux grands fonds. Dans ce monde en réduction vivent toutes sortes de petits animaux
ou végétaux passionnants à découvrir. La laisse joue un rôle de protection de la plage très important.

– 10h00 : rendez-vous sur le parking du poste de secours de Ver-sur-Mer pour une sortie sur le terrain, cueillette et observation
– 11h30: RDV à l’Office de Tourisme pour une étude et observation plus approfondie de la cueillette de bord de mer.  Echanges, commentaires entre amateurs et passionnés.
– Déjeuner: chaque participant peut apporter son repas.
Une bonne vingtaine de personnes sont présentes au rendez-vous dont de nombreux membres de l’association : Lucien, Karin, Alice, Véronique,
Juliette, Maurice, Dominique (D), Dominique (T), Gabrielle, Hubert, Claire, Marie-Jo, Catherine, Françoise, Hélène nous rejoindra plus tard, nous aurons aussi le plaisir de voir Virginie et Yann dans leur travail, ainsi que Pascal au Cap Romain.
Annick Noël, vice-présidente du CREPAN (Comité Régional d’Étude pour la Protection et l’Aménagement de la Nature en Basse-Normandie) animera notre sortie en compagnie de Gabrielle. Nous aurons aussi l’aide d’un grand érudit  Francis Bernard, spécialiste des algues et des animaux du bord de mer.
Un correspondant de presse pour la Manche Libre  M. Bertrand de Reviers est venu spécialement pour relater notre sortie naturaliste.

Annick nous souhaite la bienvenue sur le parking du poste de secours de Ver sur Mer et nous engage à prospecter l’estran qui s’offre devant nous. La température est un peu fraiche ce matin (5°) mais le ciel bien dégagé avec le soleil promettent un réchauffement dans la journée. La laisse de mer sur cette plage n’est pas très riche, la mer, à marée haute, monte jusqu’à l’enrochement et les algues ne peuvent pas rester bien longtemps au plus haut de l’ensablement.
Malgré tout, chacun se fait un fort de ramasser tout ce qui parait vivant.
Ainsi, on trouve, même en petites quantités,  des œufs de bulots (Buccinum undatum), des crépidules (Crepidula fornicata), capsules d’œufs de raies, hydraires (Les Hydraires font partie du groupe des cnidaires, animaux de petite taille et se regroupent pour former des colonies telles que les coraux), éponges de différentes formes, littorines, murex, différents vers ou leur protections dans le sable – Chaetopteres (ver marin tubulaire), algues (laminaires et fucus), quelques pierres percées de trous par des pholades, et autres bivalves connus, moules, huitres, palourdes, etc.

Dans les dépôts d’algues sur la plage, Lucien trouve trace d’un coléoptère (Broscus cephalotes) qui malheureusement s’échappe

Et Claire nous trouve une petite mouche noire qui ne vole pas, inféodée aux algues en décomposition.

Une petite bête bien musclée…

Pour les différentes capsules d’œufs de raies voir le site sur le net « guide d’identification Apecs »
Puis vers 11 heures 30 on se dirige vers l’office du tourisme de Ver sur mer pour étudier en détail nos trouvailles.
Auparavant, Annick nous fait jouer aux objets mystérieux à découvrir provenant de différentes régions du globe terrestre. L’association des Curieux arrive quand même à bien s’en sortir malgré les difficultés. On devine, une limace de mer, un os de sèche exotique, un gros opercule, une grosse écaille de poisson, un fruit de baobab, une dent fossile, un syrinx (organe de la voix) de canard, etc.
Puis, c’est au tour de Francis, éminent membre de l’Académie des Sciences de Caen, d’éplucher minutieusement la récolte de la laisse de mer en faisant un premier tri entre végétal et animal (facile pour notre association). Toutes les récoltes sont alors identifiées un par une et commentées scientifiquement et captent l’attention du public. Un grand merci à ce Monsieur
dont le savoir semble sans limite.

Patelle Pellucida, coquillage, (Helcion pellucidum), balanes, vers polychètes, stipes de laminaires, bryozoaires (étymologiquement : animaux-mousse), troques, crabe vert, etc.,
viennent compléter nos connaissances. Un gros ver dans son fourreau a été découvert un peu décomposé, il s’agit de Chaeopterus variopedatus.

Patina pellucida (Photo lucien) 

A 13 heures, les participants s’offrent enfin le repas réparateur après toutes ces études et Gabrielle nous offre une magnifique tarte aux pommes « maison » en forme de poisson d’Avril.

En complément de cette sortie les Curieux de Nature se rendent à la Réserve Naturelle des Falaises du Cap Romain à Bernières-sur-mer. Sur ce site se déroule le traditionnel chantier de printemps du groupe de bénévoles « Bessin » du Conservatoire d’espaces naturels. Cette année, les bénévoles sont venus aider l’Association du Patrimoine Géologique de Normandie (APGN),
chargé de préserver cette Réserve Naturelle géologique.

 Un coup de main est naturellement donné tout en n’oubliant pas de prospecter en bons naturalistes.

On gratte la falaise

Noté sur panneaux touristiques : Créé en 1984, la Réserve Naturelle de la Falaise, protège des éléments exceptionnels du patrimoine géologique de Normandie. La falaise de l’estran rocheux, jusqu’au niveau des basses mers, abrite des récifs d’éponges fossiles de l’âge jurassique bien conservés, témoins fragiles d’une ancienne mer tropicale. Des limons, une plage perchée, des blocs de roches exotiques (les gas) reflètent les variations climatiques du Quaternaire récent.

Le Cap Romain est un  livre d’histoire dans lequel les roches et les fossiles forment le texte et les images. Dans la partie inférieure de la falaise et sur le platier rocheux, les premières pages sont ouvertes au chapitre Jurassique du tome Secondaire. Les roches marno-calcaires constituant les différentes strates se sont déposées dans une mer chaude tropicale et peu profonde, comparable à celle des Bahamas, il y a 165 millions d’années (étage Bathonien). Elles renferment des récifs d’éponges remarquablement conservées qui ont justifié la création de la réserve
naturelle.

La vie dans les récifs d’éponges Il y a 165 millions d’années, des éponges ancrées entre des mégarides de sable ont édifiées des petites constructions récifales en forme de cônes évasés vers le haut, bien visibles en coupe dans la partie moyenne de la falaise. Comme dans les récifs coralliens actuels, une faune abondante et variée accompagnait les biohermes à spongiaires : bryozoaires, oursins, brachiopodes et mollusques. Après un développement durant plus de 200 000 ans, les récifs d’éponges ont été brusquement ensevelis et asphyxiés sous des bans de sables à bryozoaires apportés par de fortes tempêtes.

Découverte des éponges

La couche d’éponge: 165 millions d’années. Au Bathonien une mer chaude et peu profonde recouvrait la majeure partie de la France à l’exception de trois zones émergées qui constituaient autan d’iles : le Massif Armoricain, les Ardennes et sans doute une partie du Massif Central. Durant cette période, la Normandie occidentale reste immergée, tandis qu’à l’est la mer dépose des calcaires et des marnes très fossilifères.

Fossiles notés sur le panneau touristique : Eponge Platychonia magna, mollusque Radulopecten vagans, brachiopode Goniorhynchia boueti, Oursin Gymnocidaris pustulosa, bryosoaire Ceriocava corymbosa.

Oursins fossiles et radioles (piquants) aimablement montrés par Anne-Lise Giommi, conservatrice de la Réserve naturelle
Brachiopodes divers.

Sur la plage de Bernières sur Mer, Claire découvre un cloporte intéressant :

Armadillidium album, rare, au biotope très spécialisé, dunes de sable du bord de mer, souvent accroché à la partie inférieure des bois flottés.

Merci à tous les participants, photos de Claire, Lucien et Dominique.

 

 

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