Visite à l’usine de méthanistion de Cavigny (50), le 8 juin 2011.

 

Visite de notre association : Mercredi 8 juin 2011 sur le parking de l’usine de Cavigny :
De gauche à droite : Loïc, Thérèse, Claude, Dominique(T), Andrée, Claire, Lili, Muriel, Mickael, manque : Françoise, Dominique (D), Véronique, Juliette, Joëlle. Soient 14 personnes

Isabelle, notre hôtesse d’accueil et guide nous présente le traitement et la valorisation des déchets
Le Syndicat Mixte du Point Fort est un établissement public  qui gère le traitement des ordures ménagères de 133 communes adhérentes de la Manche soit 105 000 habitants, plus quelques conventions particulières hors de son territoire comme Coutances ou Beaumont Hague, au total la gestion d’environ 50% du département, avec un effectif de 90 agents territoriaux. Ce système de gestion, géré par des fonctionnaires est unique en France.
Sont à la disposition du Syndicat : 9300 composteurs, 12 déchetteries, un partenariat avec Tritout solidaire (Saint-Lô), une nouvelle filière de déchets électriques et électroniques, et en projet une filière textile.
Selon l’A.D.E.M.E. (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), les Français rejettent 600 kg de déchet par an et par personne. Ce chiffre a eu dans le passé quelques variations mais a tendance actuellement  à la stabilisation. La Normandie est un peu plus que la moyenne avec 632 kg/an/personne, pour 2007, en raison des déchets verts et des conditions climatiques.
Depuis 15 ans on note une diminution des produits dangereux mais une augmentation des textiles et papiers (34 kg/an/habitant). Les produits  alimentaires jetés 7 kg/an. Un papier sur deux fini à la poubelle.

L’objectif du Grenelle 1 de l’Environnement  est de réduire la production de déchets de 7% en 5 ans.

Equipés de casques et de gilets, les « Curieux » se laissent guider par notre charmante hôtesse dans l’usine.
   1) Centre de tri
Provenance des déchets : les déchetteries et le tri sélectif des particuliers. Après récupération des containers,  séparation par matières en 8 flux pour les recycleurs. L’acier par électroaimant et le reste en tri manuel, 27 personnes sont employées pour séparer les briques alimentaires, bouteilles en PET foncé, bouteilles en PEHD, cartons, aluminium et bouteilles PET clair et verre. ¼ des déchets non conformes repartent en ordures ménagères. Les étapes suivantes sont le compactage et l’expédition.
Les poubelles d’ordures vont au centre d’enfouissement sur sous sol argileux local. Celui-ci est construit ainsi :
1 couche d’argile compactée,
1 géomembrane de 2mm(résistance 400ans)
1 géotextile
50 cm de cailloux drainés avec récupération et traitement des jus.
Cette disposition donne des idées aux « Curieux » pour la création de mares naturelles, en argile compactée sans l’apport d’une bâche étanche.
L’usine est certifiée ISO 14001
A l’intérieur du centre de tri.

Le tapis roulant avec pente étudiée pour flux continu sans bourrage.
Différents postes de tri et vue des déchets triés, en vrac et emballés nous sont présentés à l’intérieur de la salle de tri:
Emballages acier, bouteilles PET foncé, bouteilles et flacons en PEHD, emballages en aluminium, petits emballages en carton pour un maximum d’efficacité.
Déchets triés en vrac et emballés.
Les Curieux sont très impressionnés par ce travail et ces quantités.
Les « sacs jaunes » sont eux-aussi recyclés. Les bouteilles en plastique conservent leurs bouchons. Une balle de bouteilles de 100 kg contient 6000 unités.
Tous les déchets compressés sont étiquetés pour la traçabilité nécessaire en cas de réclamation. Ils ont alors une valeur marchande différente selon la matière. Ils sont revendus aux recycleurs qui les retrient et les transforment.
1)      2) Centre de méthanisation
60 000 tonnes / an d’ordures ménagères  et 12 000 tonnes de déchets verts sont traités par ce centre. L’objectif est le traitement de la matière organique et sa transformation en méthane, lequel en brulant produit de l’électricité qui sera revendue sur le marché. Le taux de valorisation varie entre 65 et 70 % des déchets. Le résidu produit un compost à valeur marchande, revendu essentiellement pour l’agriculture.
Les collectes sont pesées sur camions et passent sous un portique détectant la radioactivité. Le tri est totalement mécanique.
Les déchets métalliques sont éliminés. Le total récolté est de 800 tonnes/an revendu aux ferrailleurs.
Une tonne de déchet entrant dans l’usine de méthanisation produit : 200 kg de compost, 75 KW d’électricité, 70 kW de chaleur et 11 kg de fer.

La matière organique de petite taille, ensemencée par des bactéries anaérobies et méthanogènes trempe dans de l’eau à 53° pendant 3 semaines et produit du biogaz qui alimentera une génératrice électrique. Restera un compost de déchets. La production d’électricité de 5 300 000 kW/h est revendue à EDF.                                                                                                                                                                                  Un bioréacteur en cylindre rotatif reprend les déchets plus gros et produit aussi sous 3 jours des matières organiques dégradées qui sont envoyées en compostage. Les indésirables sont évacués en décharge.                                               

Le compost  est affiné 5 semaines dans différents silos par oxygénation et arrosage. Le problème d’odeur de ce bâtiment silos  a été résolu. L’air est aspiré, aseptisé par eau et acide, passe dans des bios-filtres de bois et de tourbes.
En chemin, les « Curieux » remarquent un joli petit papillon perdu dans l’usine, famille des géomètres : Camptogramma bilineata

  Sur le bardage du bâtiment compost, les Curieux remarquent une multitude de petites araignées et leurs toiles dévorant de nombreux insectes dont beaucoup de coprophages, sans doute attirés par les odeurs des composts :     

                                                                                                                            
L’Epeire de l’ombre (Nuctenea umbratica) 

L’Epeire des fenêtres (Zigiella X-notata)

Salle de commande donnant sur la salle de tri ou travaille un engin mécanique possédant une cabine étanche pressurisée.
Dans le bâtiment « compost » à l’odeur très particulière et peu agréable où il ne fait pas bon s’attarder !
Le bioréacteur BRS (Bio-Réacteur Stabilisateur)
Le bâtiment de méthanisation possède une torchère et une soupape de sécurité en cas de surpression.
La cogénération (production d’électricité)
Fin de la visite et remerciement à Isabelle, sympathique et compétente.
En sortant des bâtiments administratifs, les « Curieux » découvrent  cet hétérocère tout frais : Gastropacha quercifolia, la feuille morte du chêne,  et sur une vitre cet orthoptère : Metrioptera (Bicolorana) roeseli, La Decticelle bariolée.
Merci aussi à l’organisatrice Claire pour avoir organisé cette visite qui bien qu’inhabituelle pour notre association naturaliste n’en est pas moins enrichissante. (Cf. notre blog : lescurieuxdenature.blogspot.fr)
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