« Les araignées, saison 3 » (2021)

Rendez-vous à 11h sur l’Esplanade Nan Red (avenue du Littoral, entre Bernières-sur-Mer et Saint-Aubin-sur-Mer, direction Réserve du Cap Romain) pour une balade sur l’estran au pied de la falaise et peut-être pour une baignade ? (PM à 13h17)

Rendez-vous à 12h, même endroit pour le pique nique (tables ou plage)

Rendez-vous à 14h au Platon pour une animation par Loïc autour des araignées

Les observations seront versées sur le compte de l’ABC de la biodiversité de la communauté de communes « Coeur de Nacre »

Organisation Hélène et Marie-Jo, Animateur : Loïc

21 arachnophiles au rendez-vous : Lucie, Philéas, Ninie, Agnès, Rémy, Karin, Lucien, Muriel, Françoise, Edith, Anne-Marie, Fabienne, Bernard, Françoise, Dominique, Cédric, Juliette, Simon, Marie-Jo, Loïc, Rémi, Hélène.

 

Soleil bien au rendez-vous en cette fin de matinée. Les « curieux » se regroupent autour d’Hélène, sur « l’aire de pique-nique de la croisette », pour des informations concernant le site, et l’organisation de la journée. Cette aire, classée « zone naturelle », a été rebaptisée en 2019 « esplanade Nan Red », en hommage aux soldats canadiens du North Shore Regiment et du 48è commando Royal Marine qui débarquèrent le 6 juin 1944. Le secteur Juno Beach était divisé en 3 parties : Love devant Ste-Croix, Mike devant Graye, et Nan devant Bernières, Nan étant elle-même divisée en Green, White et Red.

Photo Agnès

Prenant la direction de Saint-Aubin-sur-Mer (à l’est immédiat de Bernières-sur-Mer), les curieux s’attardent quelques instants autour d’une table panoramique. De là, ils peuvent observer des mulets (les poissons…) sautillant hors de l’eau, tout près du rivage, parmi des baigneurs… Des mouettes forment une nuée, pendant que des sternes piquent dans les premières vagues.

Les Curieux attaquent la falaise…

Le Cap Romain, en direction de Sain-Aubin-sur-Mer (Photos Agnès)

Puis le groupe se rend au pied de la falaise du « Cap Romain », d’une hauteur de 8 m pour une longueur de 500 m. L’histoire du site montre que le Cap Romain fut occupé en premier par des Gaulois (on y a mis à jour les vestiges d’un temple) auquel succédèrent un camp romain, une villa gallo-romaine, puis un cimetière mérovingien. L’embouchure de la Seulles se situait alors à l’ouest immédiat de la réserve actuelle, au niveau de l’ancien port de Bernières (jusqu’au début du XVIIe siècle).
Terminaison côtière de la Campagne de Caen, le Cap Romain s’étend sur les communes de Bernières-sur-mer, à l’ouest, et de Saint-Aubin-sur-Mer, à l’est. La réserve naturelle de la falaise du Cap Romain (1984) est un site classé pour l’intérêt de son patrimoine géologique, témoin d’une mer tropicale de l’époque jurassique (Bathonien supérieur, étage Mésozoïque, vers – 167 millions d’années).

 

Coupe géologique synthétique de la falaise du cap Romain (Dugué et Al 1998)

L’intérêt paléontologique consiste surtout en des récifs d’éponges très bien conservées (Platychonia magna). Entre les éponges, du sable et des boues calcaires contiennent les débris de nombreux coquillages et d’oursins qui vivaient à leur voisinage, ainsi que les vestiges de minuscules animaux qui pullulaient à l’abri des colonies d’éponges (bivalves, bryozoaires, brachiopodes, annélides, échinodermes). De rares restes de mammouth et de rhinocéros à toison sont présents dans les dépôts quaternaires au sommet de la falaise.
Richesse et parfois surprenants contours des fossiles du Cap Romain  (photos Françoise G)
Après cette balade introductive mais tout de même instructive, et pour certains un bain de mer bien agréable sous le beau soleil de la côte de Nacre, la pause repas s’impose ! 

                                                         (photo Agnès)

 14 heures : nous retrouvons Loïc au Platon, mais aussi Ninie, Juliette et les jeunes (si vous désirez en savoir plus sur cet espace naturel sensible, à présent sous la protection du conservatoire du littoral, je vous invite à relire sur notre blog le compte rendu d’une animation passée ; c’était en août2015).

Que faire sur une plage de sable, si ce n’est un château ? Eh bien l’on apprend qu’on peut aussi y sculpter un céphalothorax d’araignée ! Répartis en groupe, les « artistes » se mettent donc au travail.

 Celui-ci, par exemple, bombé, voire rondouillard, est typique d’une Scytididae, plus précisément : Scytodes thoracica.
Cette araignée « crache » son venin par les soies, et ainsi encolle ses proies…

   En longueur cette fois, deux lignes quasi parallèles : une Dolomides fimbriatus, de la famille des Pisauridae, bien sûr… Or, cette araignée est une… chasseuse. Notons que sa petite « cousine », D. plantarius, bien cachée dans la tourbière de Chicheboville, est une espèce considérée aussi vulnérable que le panda.

 Et ici, ne serait-ce pas Oecobius Navus ? Le céphalothorax, partant en pente douce pour se glisser sous l’abdomen est facilement reconnaissable, mais cela ne nous sera pas d’une grande utilité régionale… car cette araignée dédaigne la Normandie.

(Photos de toute cette séquence Ninie)

 Philéas ne pouvait que représenter Philaeus Chrysops !
Cette Salticidae préfère habituellement les coteaux chauds de l’Eure à la plage froide de la côte de Nacre.  

Les Salticidae possèdent un corps trapu sur de courtes pattes et sont reconnaissables à leur déplacement rapide et saccadé.

Mais on peut aussi reconnaître une araignée en fonction de la position de ses yeux (qui sont au nombre de six ou huit, quant aux araignées de nos régions). Loïc, tel un Facteur Cheval, nous façonne quelques belles sculptures, de sable et de galets.


Reconnaissez-vous l’araignée-loup ?

(Photo Agnès)

Lycosidae pardosa

Quatre yeux postérieurs, en quadrilatère, plus quatre antérieurs, plus petits, qui sont en ligne (bien sûr à l’avant !).
L’araignée-loup (appelée aussi lycose ou tarentule) chasse au sol mais sa vision n’est pas précise. Elle repère ses proies aux vibrations faites par celles-ci.


Les
Araneidae ont également quatre yeux en quadrilatère, mais les quatre autres sont groupés deux par deux, de chaque côté.


Les antérieurs médians sont gros et rapprochés, les latéraux plutôt moyens, quasiment sur la même ligne. Derrière ces derniers, les postérieurs, médians et latéraux, sont comme alignés d’avant en arrière : un médian peu visible puis le latéral plus facilement discernable. Il s’agit là d’une
Salticidae. Ses yeux antérieurs mobiles lui permettent de bien suivre sa proie, les postérieurs lui offrent une vision très large sur les côtés et à l’arrière.   

 

Aellurilus v-insignitus          (Source Wikipédia)

Ci-dessous : on distingue trois des yeux antérieurs et l’œil latéral postérieur de droite. Le médian postérieur n’est pas bien visible.
(Source Wikipédia) 

 – Six yeux de la même taille, comme collés les uns aux autres, formant un cercle : une Dysderidae, une araignée noctambule qui apprécie les cloportes.

  – Une fois rentrés chez vous, chers Curieuses et Curieux, regardez donc (s’il occupe un coin de votre plafond) le : Pholcus. Et… les yeux dans les yeux ! Ils vous paraîtront tels… deux grands yeux admirables, qui sont en vérité un groupement de… trois yeux , formant comme un triangle (les latéraux et le médian postérieur). Sachez que sur le devant, deux petits yeux supplémentaires (antérieurs médians), plus difficilement discernables, vous observent aussi !

                                                                        (Photos Rémi)

  Il est temps de passer à la pratique.

La prairie du Platon permet de belles observations, comme cette Belle épeire diadème (Araneus diadematus). À chacun son tube !

  La journée s’achève dans le bucolique et merveilleux jardin de Marie-Jo, à déguster entre autres de succulents biscuits de Saint-Guénolé.

Photo Lucien

Grand merci Loïc ! Merci aux photographes !  Merci à toutes et tous !                           Récit Hélène

Observations

Pisausora mirabilis (Pisauridae) Pisaure admirable

Araneus diadematus (Araneidae) Epeire diadème

Agroeca sp. (Liocranidae)

Xysticus sp. (Thomisidae)

Metellina sp. (Tetragnathidae)

Pachygnatha degeeri (Tetragnathidae)

Pardosa sp. (Lycosidae)

Trochosa sp. (Lycosidae) 

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