Sortie géologie les Roches d’oetre samedi 21 avril 2018

Samedi 21 Avril 2018
Sortie Géologie 
Entre Thury-Harcourt (Le Hom) et les Roches d’Oëtre
(Calvados et Orne)
Animateur : Gérard Tresgots
-Rendez-vous pour se regrouper à Thury-Harcourt (Le Hom), sur la place de la mairie à 10 h.
– Nous irons jusqu’à la Roche d’Oëtre après plusieurs étapes.
Présents  14 géologues ou géologues en herbe: Gérard, Annick, Gabrielle, Hubert, Hélène Fabienne, Patrick, Odile, Dominique D, Muriel, Françoise G, Karin, Lucien,
Bernard.
A la mairie de Thury Harcourt « Au rendez-vous des bons copains, y’avait pas souvent de lapins… » 

La Chapelle Bonne Nouvelle

Pour nous rappeler les bonnes notions géologiques de notre dernière sortie du 18 mars 2017, Gérard détache un petit bout de roche. Après le verre (rayure ou pas) l’observation précise, la réaction avec acide (effervescent ou pas), sur ce site, la roche est un grès à petit grains de silice, comportant des éléments arrondis (galets), donc un poudingue 540 M.A. (Le poudingue que nous avions trouvé à Jacob Mesnil avec de très gros galets). Le pendage (Inclinaison de la couche/horizontal) est de 80 °. La direction de la couche est nord 120 °.

Quelques rappels complémentaires de notre animateur : L’ère primaire ou Paléozoïque : Le Cambrien, l’Ordovicien, le Silurien, le Dévonien, le Carbonifère et le Permien. Une diaclase est une cassure dans la roche. Une cluse : Vallée qui coupe les structures géologiques (qui ne les suit pas).
 Le moyen mnémotechnique du Papa de Gabrielle pour se rappeler les périodes de l’Ere Primaire :
( Cambrien , Ordovicien , Silurien , Dévonien , Carbonifère, Permien )
Cambronne Ordonna Silenceet Dévotion à ses Carabiniers Permissionnaires.
ou
Cambronne, l’Ordurier, S’il eut été Dévôt, n’aurait pas Carbonisé son Père.
D’autres à voir sur : http://www.cmpb.net/fr/mnemotech.php
Dans ce joli petit coin de nature sont observés par les Curieux  un Citron (Gonepteryx rhamni), un Tircis (Pararge aegeria), un papillon plus rare : La Hachette (Aglia tau L.) une donnée pour la maille XV 82 pour l’atlas des Hétérocères de Normandie.

Un mâle capturé difficilement (par Françoise G.), aux belles antennes pectinées !

Papillon de nuit forestier et printanier, le mâle volant le jour à la recherche de femelles posées souvent sur un tronc d’arbre.
Autres observations : un lézard vivipare, un pouillot véloce, un troglodyte, un escargot de Bourgogne, une coccinelle rose (Oenopia
conglobata)…
Vers Caumont sur Orne visite d’une carrière abandonnée
En chemin une végétation naturelle et luxuriante de Stellaire holostée, Orchis mâle, Alliaire, Gouet…des observations, un Grand Cormoran sur l’Orne, une Aurore (Anthocharis cardamines), une Piéride (Pieris napi)…

Ici, un grès feldspathique, le pendage vers le nord indique une couche déversée (la face inférieure de la couche est vers le haut)

Pont de la Mousse Ancienne carrière au bord de la route exploitée jadis pour fourniture de dalles de jardin.

Ce sont des schistes verts (comme dans La Hague) dont certains sont micacés. Rappel : le terme schiste, du grec ancien skhistos (« fendu, séparé, ce qu’on peut fendre »)

Sur quelques surfaces on peut observer des ondulations, ce sont des rides de courants comme on peut observer actuellement sur nos plages de sable, c’est une indication de milieu peu profond.

Observations des Curieux : une bergeronnette printanière, une punaise à déterminer…

Saint Rémy sur Orne

Toujours de bonnes explications de notre ami Gérard.

Nous sommes maintenant au cœur du synclinal de la zone bocaine entre Thury et Clécy. Les roches : des schistes rouges de Saint-Rémy surmontés par les schistes à Clalymènes, 465 M.A., à la base desquels s’est développée une couche de minerai de fer qui a été exploitée jusqu’à épuisement de la ressource. La couche de fer est affectée de nombreuses failles.
Ancien musée Les Fosses d’Enfer, nom du site minier existant (en pleine restructuration actuellement).
Et notre amie Hélène, très humoristique, nous délivre, là, une belle citation :

Une petite citation que j’ai faite aux Fosses d’enfer, de Franquin (le célèbre créateur Gaston Lagaffe) « Ne pas confondre “gisement épuisé” et “mine de rien” ! » 

ICI/ Triste observation, le mur est très très dégradé ! Un petit lézard des murailles court dessus, comme pour nous montrer le méfait des hommes !

Un muret éducatif imagé des temps géologiques est laissé à l’abandon, les Curieux sont consternés que l’on puisse abandonner un tel outil pédagogique parfait pour les grands et les petits, où on peut avoir une très bonne notion du temps, du début de la vie sur terre, de son évolution  et de l’apparition des hominidés, de la formation et de l’érosion des chaînes de montagnes C’est un véritable gâchis intellectuel et culturel ! Image choisie pour illustrer :
Heureusement pour le moral, l’heure du Pic-Nic arrive et c’est à l’ombre, sur les tables du site, jetées bien maladroitement dans les alentours, que les Curieux s’aménagent un petit coin à eux pour casser la croûte tranquillement, c’est indispensable chez eux !

Bon appétit !

Clécy Les rochers des Parcs
Là, le pendage est de 20° vers le nord, nous sommes sur le flanc sud du synclinal.
Les géologues curieux montent au sommet du Rocher des Parcs non sans difficultés liées à la chaleur et au ventre plein !
Ouf, un petit temps de repos avec un petit souffle d’air agréable !
Au sommet dans un dénivelé impressionnant de la vallée de l’Orne, Gérard casse un petit bout de roche : c’est un grès à petits galets, donc un poudingue.
Celui-ci renferme des feldspaths altérés (aluminosilicate de sodium, de potassium ou de calcium). Le pendage vers le nord est de 20°.

Observations : tentative d’accouplement de Citrons (Photo Françoise), un Moro sphinx (Macroglossum stellatarum) (Maille
XV 82),
un Argus vert, la Thècle de la ronce (Callophrys rubi)…

Après avoir signalé les sites du Bô et Saint Christophe, schistes et grès du Briovérien (les mêmes que nous avions
observés l’an dernier dans la vallée de la Laize), les Curieux font route pour le site touristique de la
Roche d’Oëtre,
(118 mètres de haut). C’est au sud du grand synclinal de la zone bocaine.

Ici un poudingue cambrien schiste à plus gros gains. Orientation de la couche : Nord 120°. Pendage 30° vers le nord. C’est le flan sud d’un autre synclinal : Synclinal de La Forêt Auvray ; au sud, dans le granite, coule la Rouvre, affluent de l’Orne. Le
granite est une roche magmatique mais non éruptive, elle apparait en surface après érosion.

Enfin, quelques explications sur la composition générale de notre planète terre seront aussi délivrées.

Pas facile cette descente abrupte ! Au cours de la descente, nous cherchons et finissons par trouver le contact entre
le poudingue et le granite.

En bas, d’autres notions complémentaires sont délivrées : la composition du granite faite de mica, feldspath et silice. Le granite en surface se décompose par l’action chimique de l’eau. Les micas perdent leur fer qui s’oxyde et les feldspaths sont altérés en argiles, seul le quartz n’est pas altéré. Tous les produits de l’altération seront entrainés par pluies et rivières, éventuellement jusqu’à la mer. On peut dater l’âge du granite en fonction de la radioactivité de certains de ses éléments.

Observations : Coccinelle à damier (Propylea quatuordecimpunctata), un citron, un micro lépidoptère (Acleris kochiella).
La remontée n’étant pas vraiment des plus aisées, certains membres de l’association craquent pour une glace ou une boisson rafraichissante, tandis que d’autres suivent Gérard pour un dernier site d’observation géologique.
Pour se retrouver un petit peu plus tard pour partager un pot d’au revoir bien mérité après ce périple très enrichissant mais quand même un peu fatiguant.

Le Bec Corbin

Les Cornéennes, formés à partir des schistes et grès du Briovérien,  contenant des minéraux nouveaux sous forme de grains noirs d’environ 1mm (cordiérite), sont des roches métamorphiques dont la formation est due à l’élévation de température 650 à
800° provoquée par le magma granitique sur les roches dans lesquelles il s’installe.
Conclusion :
Merci beaucoup à notre guide géologique et ses notions parfois un peu complexes mais toujours délivrées pédagogiquement avec patience pour que les Curieux plutôt spécialistes d’entomologie puissent retenir l’essentiel et ainsi pouvoir comprendre, mieux que tout un chacun, les phénomènes géologiques des bouleversements et énormes érosions du massif armoricain depuis l’ère primaire jusqu’au quaternaire. L’ensemble des participants est prêt à une autre sortie géologie pour de nouveaux sites et de nouvelles informations notamment dans le nord du département de la Manche, un endroit géologique intéressant.
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